Faut-il signaler l'usage de l'IA ? 7 situations concrètes liées à l'article 50
À partir du 2 août 2026, l'article 50 impose la transparence sur le contenu IA. Devez-vous vraiment ajouter "Généré par IA" partout ? 7 situations concrètes avec des réponses claires.

À partir du 2 août 2026, l'article 50 de l'EU AI Act impose la transparence sur le contenu généré par IA et sur l'interaction directe avec des systèmes d'IA. Mais qu'est-ce que cela signifie pour le collaborateur qui rédige chaque jour une lettre, un communiqué de presse ou une présentation ? Devez-vous vraiment ajouter "Généré par IA" partout ?
La réponse courte : non. Pour les contenus, la loi vise surtout ce qui est diffusé au public : les deepfakes et certains textes générés par IA sur des sujets d'intérêt général. Elle prévoit aussi une obligation distincte lorsqu'une personne interagit directement avec un système d'IA, par exemple un chatbot. Pour l'IA utilisée comme outil en coulisses, aucune obligation d'étiquetage. La frontière passe parfois là où vous ne l'attendez pas.
La règle pratique qui fonctionne
Posez-vous une question avant de publier ou de mettre un système d'IA en contact avec des personnes.
Pour l'image, l'audio et la vidéo : le contenu paraît-il authentique alors qu'il est généré par IA ? Alors étiquetez.
Pour le texte : le texte est-il publié pour informer le public sur un sujet d'intérêt général, et la véritable révision rédactionnelle ou responsabilité éditoriale fait-elle défaut ? Alors étiquetez.
Pour l'interaction directe : une personne s'adresse-t-elle à un système d'IA, sans que cela soit évident ? Alors signalez-le.
C'est l'essence de l'article 50. La loi vise à éviter que les lecteurs, spectateurs ou interlocuteurs soient trompés sur ce qu'ils voient, entendent ou avec quoi ils dialoguent.
Important : l'article 50 concerne surtout ce qui est diffusé au public. Les courriels internes, les notes de réunion, votre propre fichier Word ou une conversation bilatérale avec un collègue n'en font pas partie.
7 situations concrètes
1. Lettre à un citoyen, rédigée avec l'aide de l'IA
Un agent communal demande à ChatGPT de l'aider à rédiger un projet de lettre, en réécrit le contenu, le contrôle, le signe et l'envoie.
Étiqueter ? Non.
Il s'agit d'une communication bilatérale entre l'administration et le citoyen, pas d'une publication adressée à un large public. L'agent a évalué le texte sur le fond et en assume la responsabilité. L'IA était ici un outil, pas un auteur. Comparez cela à un correcteur orthographique : personne n'attend la mention "Texte corrigé par Word".
Attention : si le citoyen interagit directement avec un système d'IA, ou si une décision est prise de manière entièrement automatisée, d'autres obligations de transparence peuvent s'appliquer, tant au titre de l'AI Act qu'au titre du RGPD.
2. Communiqué de presse sur le site de la commune
Une collaboratrice du service communication fait rédiger une première version par l'IA, retravaille le texte et publie le communiqué.
Étiqueter ? Non, à condition qu'il y ait une révision humaine démontrable.
Un communiqué sur la politique communale relève du "texte qui informe le public sur des sujets d'intérêt général" et tombe donc sous l'article 50(4). La loi prévoit une exception explicite pour les textes ayant fait l'objet d'une révision rédactionnelle humaine, lorsque cette personne ou l'organisation assume la responsabilité éditoriale.
Le projet de Code de mars 2026 et les projets de lignes directrices de mai 2026 vont tous deux dans le sens d'une approche pragmatique : tout document assisté par IA n'a pas à porter une étiquette, mais la révision humaine doit être réelle et démontrable. En pratique : un éditeur identifiable et une procédure documentée. Pour les administrations, écoles ou établissements de soins, cela signifie : préciser dans une procédure interne qui détient le pouvoir de signature pour la publication. Une collaboratrice qui édite réellement remplit ce critère. Un simple copier-coller sans véritable relecture ne suffit pas.
3. Présentation avec texte et image générés par IA
Un responsable prépare une présentation de stratégie interne avec du texte généré par IA et une image photoréaliste d'une "équipe en réunion".
Étiqueter ? Cela dépend du public.
En pratique : la légende "Image générée avec [outil]" suffit. Pour le texte, la même règle qu'au communiqué s'applique.
4. Excel ou Word avec une extension IA
Un collaborateur RH utilise une extension IA dans Excel pour écrire une formule, ou demande à Word de reformuler un paragraphe.
Étiqueter ? Non.
L'IA est ici un outil de productivité. La correction orthographique, la correction grammaticale et le formatage automatique en sont exclus parce que l'humain conserve le contrôle substantiel. Test pratique : l'IA a-t-elle modifié le sens, la structure ou le contenu de manière substantielle ? Non, alors aucune obligation d'étiquetage. Oui, alors la règle de révision de la situation 2 s'applique.
5. Chatbot sur le site web
Un établissement de soins place un chatbot sur son site pour orienter les visiteurs vers les questions fréquentes.
Étiqueter ? Oui.
C'est l'obligation la plus claire de l'article 50. Quiconque parle à une IA doit savoir qu'il parle à une IA. Un message d'accueil "Bonjour, je suis l'assistant virtuel de [organisation]" suffit. L'exception "contexte IA évident" ne s'applique que lorsqu'aucun doute raisonnable n'est possible. Pour un visiteur du site d'un hôpital, ce n'est presque jamais le cas.
6. Compte rendu de réunion résumé par IA
Un collègue utilise un outil IA pour résumer automatiquement une réunion et envoie le compte rendu aux participants.
Étiqueter ? Non pour les participants, oui dès que la diffusion s'élargit.
Un compte rendu adressé uniquement aux participants relève de la communication interne. S'il est diffusé dans une newsletter, mis en ligne ou envoyé à des externes, il entre dans le champ de la publication. Mentionnez alors brièvement que le résumé est assisté par IA. Bonne pratique en dehors de l'article 50 : mentionnez-le toujours en en-tête. Les destinataires veulent savoir si les faits ont été vérifiés par une personne.
7. Photo dans le rapport annuel, générée par IA
Le rapport annuel contient une image photoréaliste de "collaborateurs en action". Elle a été créée par IA.
Étiqueter ? Oui.
Un rapport annuel est une publication au public. Une image photoréaliste qui suggère représenter des personnes ou des situations réelles relève de la disposition relative aux deepfakes. La légende "Image générée par IA" ou "Image générée avec [outil]" est obligatoire. L'exception rédactionnelle ne s'applique pas ici : elle vise uniquement les textes, pas les images deepfake.
Une illustration clairement stylisée ou manifestement artistique sort de l'obligation stricte, mais la transparence reste un atout pour la confiance.
Exceptions et nuances importantes
Toutes les exceptions ne s'appliquent pas à toutes les situations. L'article 50 prévoit des exceptions par type d'obligation, pas une liste universelle.
En dehors de ces cas : en cas de doute, étiquetez. Cela ne coûte rien et renforce la confiance.
La règle qui couvre tout
Si vous ne devez retenir qu'une phrase de cet article :
Ce qui devient public et semble créé par un humain alors qu'il s'agit d'IA doit être étiqueté. Quiconque parle à une IA doit le savoir. Le reste, non.
Pas besoin de juriste. Trois questions courtes, trois réponses, terminé.
Questions fréquentes
Quand l'article 50 entre-t-il en vigueur ?
Le 2 août 2026. À partir de cette date, les obligations de transparence s'appliquent à toutes les organisations qui déploient l'IA générative auprès du public ou de leurs utilisateurs, ou qui font interagir des systèmes d'IA directement avec des personnes.
Comment formuler une étiquette ?
Courte et visible. "Image générée avec [outil]", "Résumé généré par IA", ou "Texte rédigé avec assistance IA, révisé par [nom]". Tant que les lignes directrices définitives et d'éventuelles icônes ne sont pas disponibles, une mention textuelle courte et claire reste le choix le plus sûr. Une icône "IA" visible peut aider, mais doit être compréhensible pour l'utilisateur.
Cela vaut-il aussi pour les documents internes ?
Non. L'article 50 concerne la publication ou l'interaction avec le public. Les notes internes, les documents de travail personnels et la communication bilatérale n'entrent pas dans son champ.
Que signifie exactement "public sur des sujets d'intérêt général" ?
Politique, santé, sécurité, élections, services publics, enseignement, environnement. Pour les administrations, les établissements de soins et les écoles, l'essentiel du trafic à destination du public en relève. Une page produit purement commerciale d'une PME en sort généralement, mais un article de blog sur un thème sociétal y entre.
Et si je doute qu'un contenu doive être étiqueté ?
Étiquetez-le. Le coût d'une étiquette inutile est négligeable. Le coût d'une étiquette manquante peut se traduire par une question de conformité lors d'un audit.
Rédigé par Rob Ummels en collaboration avec Claude (Anthropic). Responsabilité éditoriale : AIAdopt.
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